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Que sont devenus les anciens sites des JO ?

Hélas, une fois passée l’euphorie de la fête, beaucoup de sites des JO, souvent construits à la hâte et, dans l’instant, pointe de la modernité, sombrent dans l’oubli et la décrépitude. Pour les jeux d’hiver de Sarajevo en 1984, la piste de bobsleigh avait fière allure. Depuis, elle est envahie par les mauvaises herbes, fissurée, taguée, et sert pour l’accessoire de piste aux jeunes motards du coin.
Le plus bel exemple de cette dégringolade vers l’oubli et l’obsolescence est sans doute le fameux stade Yves du Manoir, en banlieue parisienne.

En 1907, c’est un fringant hippodrome qui devient le « Stade du Matin » et accueille des compétitions d’athlétisme, de football et de rugby.

Pour les jeux olympiques de 1924, il faut absolument dégoter une grande enceinte. Un concours d’architecture est organisé en 1922 : un stade sera construit à Colombes avec au moins 60 000 places. Ce sera la perle des jeux de 1924.

Une perle noire. Le stade voit se dérouler compétitions d’athlétisme et concours équestres, mais lors de la finale du rugby, la victoire 17 à 3 des Etats-Unis sur la France entraîne une bagarre générale dans les tribunes. Le rugby est exclu des Jeux olympiques jusqu’en… 2016 !

En 1928, le stade est rebaptisé du nom d’un joueur de rugby à XV du Racing, espoir de l’équipe nationale, qui vient de se tuer en avion : le jeune normand Yves du Manoir, 23 ans, polytechnicien et champion de rugby.

Pendant des années, il deviendra le fief du Racing 92, qui l’abandonne en 2017 pour la splendide Arena, flambant neuve, de Nanterre. Désormais, le stade Yves du manoir, vermoulu, obsolète, sert encore à quelques manifestations municipales ou diocésaines, aux compétitions des collèges et lycées avoisinants, et tombe en ruines.

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